Marrant comme dans la vie tout est réversible.
Il y quelques jours à peine, je m'énervais seule dans mon lit en hauteur pour tenter de trouver le sommeil.
Les minutes puis les heures passaient, à mon plus grand désespoir, sans m'entraîner avec elles.
J'attendais. La tête remplie de questions-réponses, de tension, déraison.
Dur réveil, les yeux explosés, mais la tête bien posée. Stress, bouffées de chaleur, sourires moites, drague mal appropriée, question d'identité " oui c'est moi à 8ans ... ".
L'amphi. Parfum trop fort, bancs qui craquent, sourire derrière lunettes réajustées sur un nez bien allongé.
Jauge. Débile sentiment de se battre seule contre tous, mais pas contre eux. Dans la même merde. Mauvais déchirage d'enveloppe, cri de départ, bruissement de feuilles tournées.
Indescriptible course contre la montre, regards droits, lancés vers l'horloge centrale, rythmé.
Stop final, enveloppes retrouvées, comptage, lâchers libérateurs.
Stress. Rentrer seule, jet d'écharpe sur canapé, atterrissage forcé de manteau bien réceptionné par chaise rouge, vieille habituée. Ouverture de classeur et frigo associée, bruits de "zut,j'le savais" ou de moue affamée.
Seule. Assiette blanche sur bureau enseveli, grignotage imposé. Salle de bain. Embrassées d'eau fraîche sur visage fatigué. Courage. Stress. Courage. "Hé, tu te bats jusqu'au bout, c'est clair ? On peut pas abandonner."
Déprime sans raison, larmes sur mes joues, genoux qui tremblent.
Retour. Stress. Frôlement de belle tombant dans les pommes, calfeutrage de bruits, ambiance lourde sur joues bien pâles, regain d'énergie, sursaut d'assurance, course rattrapée.
Rentrer à nouveau seule. Pour un chez-soi seul. Appels, SMS, vide dans la tête.
Classeurs de physique, stress encore. Pages qui se tournent sans se lire, et encore moins se comprendre. Perds les pédales. Suffoque. Mais pourquoi ? Fatigue, lit nargueur mais sans promesses.
Appel désespéré, amie réquisitionnée, plus seule pour une soirée. Pointe d'espoir dans épais cauchemars. Délires retrouvés, chaleur, couette repoussée. Minuit. Et la glace de la salle de bain qui me renvoie une image bien éveillée. Boucles miel sur épaules lourdes. Doigts qui tentent de lisser ses paupières anarchiques, remède magique dans boîte à surprises. Changement de couchage, un peu de fraîcheur retrouvée, éléments clés associés, respiration calmée, conseils adorables "Hé Camille, t'as qu'à essayer de te souvenir d'un film du début à la fin, histoire de changer d'idées ... "
Sommeil, enfin. Rêves des plus bizarres. Grands sourires, petite fête organisée, visages lointains retrouvés. Piscine, blocs de béton, serviette rouge sur tech lasuré. Main immergée dans l'immensité bleue, course poursuite, mains sur mes hanches, long baiser.
Réveil. Quelques vertiges passés, chance de cocue, examen reporté, matinée pour réviser. Pêche. Reposée, la suite se déroule sans mauvaise pensée.
FIN. Envie d'hurler. Soirée tentante mais besoin de douceur plus encore que de se défouler. Maman. Rentrée. Ambiance familiale, télé allumée. Respiration relâchée. Nuit de volupté.
Cannes le lendemain, gamineries inlassables, grimaces de papa à l'entrée des boutiques. Promenade des anglais, maman qui se fait accoster, tableaux bariolés intéressée. " Il faut rentrer dans la vie, la provoquer, jamais y aller en traînant des pieds." "Française célibataire ? " Sourire amusé à l'interessé "non mais". Délire de sexualité, des parents jusqu'aux ptits vieux friqués, langue passée sur les lèvres, image choc pour un papa convalescent. Rires. Macdo banal, sunday-frites râlé, déjà retour maison activé.
Respiration. Vieux tee-shirt tombant sur les fesses, jaunes encombrant ma poitrine d'une suite d'oies bien sapées, les jambes pliées, le dos calé, lecture sans arrêt ré-appréciée.
Lendemain plus rythmé, exercices musculaires douloureux, cuisses endormies. Bouille de Lilou matinale, couplée à la vision de son trop gnon ptit gilet en peau de lapin. Douche. Shopping mit soeurette aixois, délices de la carte bleue, fidèle envieuse à mes côtés. Film romantique, chat ronronnant sur le ventre, pieds nus sur marbre chauffé. La vie, la vraie, à redébuté ...
